Communiqué de Presse AEBIOM

La gestion durable des forêts pourrait réduire par 10 les émissions de CO2.

AEBIOM (European Biomass Association) a récemment publié un communiqué de presse rappelant la nécessité, pour les décideurs politiques, de prendre en compte des critères harmonisés de durabilité au niveau de l’Union européenne pour l’élaboration de sa future politique de bioénergie.

Ce communiqué est basé sur les conclusions du Professeur Hubert Hasenauer de l’Université de Sciences Naturelles et Sciences Appliquées de la Vie (institut de syviculture) de Vienne, qui a récemment publié un rapport, basé sur plusieurs années de recherche. Ce rapport a mis en lumière le rôle majeur joué par la gestion des forêts dans la limitation des émission de carbone, en comparaison aux forêts non exploitées.

Ces résultats s’expliquent par la relation existante entre les forêts exploitées durablement et le niveau de CO2 dans l’atmosphère : le carbone, qui serait relaché dans l’atmosphère lors des phases de décomposition des forêts primaires, est utilisé comme alternative à la combustion fossile dans le cas des forêts exploitées.
Les forêts primaires étudiées émettent pendant leur cycle de vie (300 ans), autant, voire plus de CO2, qu’elles n’en absorbent. Comme aucun bois n’a été récolté, aucun effet de substitution n’est généré. L’effet d’absorbtion du carbone dans ces forêts est donc minimal. Les forêts exploitées, quant à elles, absorbent et dégagent plus de CO2 au cours de la même période de temps (résultat équilibré) mais la récolte du bois pour être utilisé comme un moyen de substitution aux énergies fossiles limite les émissions de CO2.

Ainsi, les forêts primaires relachent le CO2 absorbé en raison de la dégradation naturelle. Or le carbone stocké dans le bois récolté dans les forêts exploitées est relaché dans l’atmosphère en fin de vie  mais – et c’est là que réside la différence notable par rapport aux forêts non exploitées – seulement après avoir servi comme moyen de substitution aux énergies fociles.

L’étude indique aussi que le fait de passer de forêts exploitées à des forêts non exploitées ne cause pas nécessairement d’augmentation du niveau de carbone. L’opposé peut par contre se vérifier quand des quantités conséquentes de carbone sont relachées dans l’atmosphère en raison des dégâts naturels (eg : les infestations d’insectes ou mycoses souvent suivies par des incendies).

La nécessité d’augmenter l’usage durable de biomasse solide sans fardeau administratif.

La biomasse solide restera toujours la source d’énergie renouvelable la plus importante. « L’utilisation de combustibles fossiles est responsable à 89% des émissions mondiales de CO2. La non-utilisation du potentiel de bioénergies revient aujourd’hui à reporter notre transition énergétique – du fossile aux énergies renouvelables – pendant des décennies. Or nous n’avons pas de temps à perdre pour l’atteinte de nos objectifs « , dit Heinz Kopetz, Président de l’Association Mondiale de Bioénergie (World Bioenergy Association).

« Encore une fois il est scientifiquement prouvé qu’il est favorable, au niveau du carbone, d’utiliser également les forêts exploitées durablement pour la bioénergie. C’est pourquoi il est important de s’assurer que la biomasse utilisée en Europe provient de ce type de forêts. La gestion forestière européenne étant mondialement connue pour sa durabilité, l’introduction et la mise en œuvre de critères de durabilité au niveau de l’Union Européenne devrait soutenir la sylviculture européenne et non constituer un fardeau pour les producteurs européens » dit Gustav Melin, Président de l’Association de Biomasse européenne.

Pour plus d’information : www.aebiom.org >>

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